Polyglossie

Calligraphie chinoise et japonaise - Humeurs d'un polyglotte

dimanche, septembre 02, 2007

Poussière dans la lumière


和光同塵 wakôdôjin - Douce lumière comme la poussière
Le chinois classique est particulièrement difficile à traduire. Cette formule de Laozi a été commentée de long en large depuis des siècles. L'interprétation la plus courante est "vivre une vie calme par l'effacement de soi". Mais la prof de calligraphie nous a fait part d'une expérience inattendue :
Arrivée en avance juste avant notre cours du soir, elle était en train d'installer son matériel sur le bureau. Elle vit alors des rayons de lumière entrer dans la pièce et révéler la poussière en suspension dans la pièce. Cela lui rappela la formule de Laozi. Le plus beau des rayons de lumière, aussi pur soit-il, révèle la poussière. La pureté et la saleté existent l'une dans l'autre, nécessairement liée par leur complémentarité essentielle.

2 Comments:

At 23:57, Anonymous Florent said...

Oui, j'ai essayé, sans avoir tes talents de calligraphe, de relever des passages littéraires chinois qui donnent cette même idée appliquée à l'eau plutôt qu'à la lumière :
Une source pure est lieu de mort. C'est par les impuretés que se développent la vie et la personne.

Voir http://florent.blog.com/1943002/

a+

 
At 22:25, Blogger ElieDeLeuze said...

C'est exactement cela! Merci de donner cet autre exemple de cette pensée. J'ai retenu la leçon de notre professeur de calligraphie lors de cette séance : tout grain de notre univers possède en lui l'univers tout entier. Chaque poussière est nécessaire au monde, comme chaque impureté dans la source.

 

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