Polyglossie

Calligraphie chinoise et japonaise - Humeurs d'un polyglotte

mardi, septembre 05, 2006

Nouvelle prof



Tout prend fin. Même les déménagements chaotiques. En plus, j'ai trouvé une nouvelle prof de calligraphie sino-japonaise. Evidemment, ça été un choc. Lors de ma première séance, elle m'a simplement observé. A la deuxième séance, elle est devenue plus locace. Au diable la fausse modestie, elle me fit très plaisir lorsqu'elle annonça "Oh, bien, je veux faire un compliment, mais je n'ai pas le mot... (elle cherche dans le dictionnaire)... ah oui, ta calligraphie est très obéissante". Heureusement qu'elle avait annoncé que c'était un compliment. Par la suite, il me semble avoir compris qu'elle trouvait que j'avais bien assimilé les bases techniques. Lors de la dernière séance, elle a confirmé mon interprétation en m'encourageant à être plus spontané et moins strict dans l'enchainement des traits.

更快高強 - Plus vite, plus haut, plus fort.
Ne croyez pas que je n'ai rien fait pendant deux mois. Mes pinceaux ont certes séché pendant la première partie de l'été, mais j'ai repris dès le mois d'août. Si j'ai attendu jusqu'à maintenant pour mettre une entrée sur le blog, c'est que j'ai commencé l'apprentissage du style cursif, le sôsho. Autant le dire carrément, pendant quelques semaines, j'ai fait n'importe quoi, il vallait mieux que je ne montre rien à personne. Mon premier essai pas trop mauvais est cette formule olympique légèrement abrégée. Le premier carractère est le comparatif, et il fonctionne sur les trois autres pour permettre la concision pour la calligraphie. Les jeux olympiques de Beijin approchent, alors forcément... Par souci d'explorer la nouveauté stylistique jusqu'au bout, j'ai choisi une encre légère, liquide, qui laisse entrevoir les mouvements internes de chaque trait. Même au scanner, ceci n'est pas complètement perdu. Le style cursif est à la fois difficile et plus simple : il faut une adresse plus aiguisée, avoir le mouvement dans le bras avant de pose le pinceau et avoir la spontanéité d'aller au bout de l'exécution sans hésiter. Il faut vraiment se lancer à l'eau. Seulement voilà, ça ne marche que si l'on a répété ces mouvements des dizaines de fois afin de les posseder vraiment. Ce qui nous ramène à mon long silence estival : il m'a fallu un peu de temps pour passer le cap. Ce n'est pas trop mal parti.

3 Comments:

At 10:15, Anonymous kaïkan said...

Enfin, le retour...
Je regarde les signes, je clique et agrandis l' image et tous les liquides de mon corps se mettent en action...
Je suis intérieurement chaque tracé, me pose, me concentre, me dillue à leur voyage... A la fois, quelque chose de retenu et de léger...
Et je relis ton commentaire et retrouve cette sensation d' eau et de fluidité...
Pour ma part, je suis partie à la rencontre de la seiche et.... de l' encre de seiche, fascinante, opaque quand elle se concentre dans la poche du noir et mobile, nuancée, étonnante lorsqu' elle se mêle à l' eau...
Je suis heureuse de votre retour...

 
At 17:15, Blogger ElieDeLeuze said...

Merci de votre retour à vous aussi :-)
C'est vrai que c'est fascinant de se plonger dans le mouvement, car on est tellement habitué à pensé en termes de "poses" pour les sujets picturaux. D'ailleurs, ma première prof de calligraphie avait noté avec étonnement qu'on puisse appeler en français des motifs "natures mortes". Dans une calligraphie, tout est vivant, ajoutait-elle.

 
At 21:05, Anonymous Gfa said...

Je suis très heureux de ton retour aussi !
Ton post m'a fait penser à mes petits gars : avant chaque évolution, il y a un moment de crise, de recul, de doute, de stagnation...puis c'est le grand saut !

 

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