Polyglossie

Calligraphie chinoise et japonaise - Humeurs d'un polyglotte

mardi, mai 01, 2007

Méditation


虚心 - kyoshin, vide intérieur.


L'odeur de l'encre monte doucement, le frottement régulier du bâtonnet sur la pierre rythme ma respiration en assombrissant l'eau. Le minéral de la pierre, le liquide de l'eau et l'organique de l'encre ne font qu'un. Les éléments mèlent leur force et leur douceur dans une alchimie parfumée. Je laisse le calme m'envahir, les mouvements du bras sont lents et précis, la main se pose naturellement sur le pinceau, et sans aucune autre intention que de faire un trait... je fais un trait. La concentration est un exercice difficile, et ce simple bout de bambou aux poils noircis d'encre devient le centre de tout mon corps. Mes bras se maintiennent avec naturel une main posée sur le coin du papier et l'autre sur le manche de bambou, le dos droit sans se crisper, les pieds enracinés dans le sol sans pousser ni appuyer sur le plancher, mon corps tout entier est un pinceau. De cette concentration nait une douce méditation, un tout petit début de kyoshin...

1 Comments:

At 12:14, Anonymous Kaïkan said...

Qu' ils sont reposants ces mots, c' est vrai que le fait de préparer l' encre nous emporte déjà en concentration ... Calmer les battements trop rapides du coeur ... "Méditation" et "ne rien faire" : tout un art de vie ...

 

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