
Tout prend fin. Même les déménagements chaotiques. En plus, j'ai trouvé une nouvelle prof de calligraphie sino-japonaise. Evidemment, ça été un choc. Lors de ma première séance, elle m'a simplement observé. A la deuxième séance, elle est devenue plus locace. Au diable la fausse modestie, elle me fit très plaisir lorsqu'elle annonça "Oh, bien, je veux faire un compliment, mais je n'ai pas le mot... (elle cherche dans le dictionnaire)... ah oui, ta calligraphie est très
obéissante". Heureusement qu'elle avait annoncé que c'était un compliment. Par la suite, il me semble avoir compris qu'elle trouvait que j'avais bien assimilé les bases techniques. Lors de la dernière séance, elle a confirmé mon interprétation en m'encourageant à être plus spontané et moins strict dans l'enchainement des traits.
更快高強 - Plus vite, plus haut, plus fort.
Ne croyez pas que je n'ai rien fait pendant deux mois. Mes pinceaux ont certes séché pendant la première partie de l'été, mais j'ai repris dès le mois d'août. Si j'ai attendu jusqu'à maintenant pour mettre une entrée sur le blog, c'est que j'ai commencé l'apprentissage du style cursif, le sôsho. Autant le dire carrément, pendant quelques semaines, j'ai fait n'importe quoi, il vallait mieux que je ne montre rien à personne. Mon premier essai pas trop mauvais est cette formule olympique légèrement abrégée. Le premier carractère est le comparatif, et il fonctionne sur les trois autres pour permettre la concision pour la calligraphie. Les jeux olympiques de Beijin approchent, alors forcément... Par souci d'explorer la nouveauté stylistique jusqu'au bout, j'ai choisi une encre légère, liquide, qui laisse entrevoir les mouvements internes de chaque trait. Même au scanner, ceci n'est pas complètement perdu. Le style cursif est à la fois difficile et plus simple : il faut une adresse plus aiguisée, avoir le mouvement dans le bras avant de pose le pinceau et avoir la spontanéité d'aller au bout de l'exécution sans hésiter. Il faut vraiment se lancer à l'eau. Seulement voilà, ça ne marche que si l'on a répété ces mouvements des dizaines de fois afin de les posseder vraiment. Ce qui nous ramène à mon long silence estival : il m'a fallu un peu de temps pour passer le cap. Ce n'est pas trop mal parti.