Polyglossie

Calligraphie chinoise et japonaise - Humeurs d'un polyglotte

jeudi, août 14, 2008

Exercer son coeur

Today, I was very sad to see this video from Yang Hai Ying, a Chinese-Australian calligrapher who shows her work day after day on utube. I like her direct and honnest way, and she always shows very interesting words and explains a lot about the culture and history. The criticism she had to suffer is unfair: showing one's work on the internet ist not about bragging about it, on the contrary. I also show my scans and photos of my exercices in this blog, because I want to share the passion and the joy of doing it. The artistic value of the result is not even the topic. I share Yang Hai Ying's view: it is beautiful to share your passion, it is beautiful to have the humility of going public. I thank her for that. My next exercise will be 練心.

video

La dernière vidéo de Yang Hai Ying, calligraphe australienne d'origine chinoise, m'a profondément attristé. Elle poste presque quotidiennement sur utube et j'aime son style direct et honnête, car elle montre toujours des mots intéressants en racontant leur histoire et leur portée culturelle. La critique qui lui a été adressée est profondément injuste : montrer son travail sur internet, ce n'est pas s'en vanter, au contraire. Moi aussi, sur ce blog, je montre les photos et les scans de mes exercices, parce que je veux partager ma passion et mon bonheur de pratiquer la calligraphie. La valeur artistique n'est même pas le sujet. Je partage l'avis de Yang Hai Ying : ce qui est beau, c'est de partager sa passion ; ce qui est beau, c'est d'avoir l'humilité de le faire publiquement. Et je l'en remercie. Mon prochain exercice sera 練心.

samedi, août 09, 2008

Bienveillance


jin, rén - bienveillance, vertu d'humanité
.
Etymologiquement, c'est l'action de deux personnes. D'où le redical de l'homme à gauche et le chiffre deux à droite. Graphiquement, ce caractère offre de grandes difficultés que je n'ai que partiellement réussi à surmonter ici. Le radical est tout en longueur, la partie droite est forcément moins haute, ce qui prive de la perspective habituelle et du mouvement qui suit le sens de l'écriture par le simple jeu des proportions des éléments. Ainsi, le calligraphe se voit obligé d'imprimer le sens du tracé par la suggestion des directions à chaque conclusion de trait, sans pour autant en rajouter afin de ne pas mettre en danger la lisibilité. Ce qui compte, c'est de rendre l'équité entre les deux composants sémantiques autant que graphiques.

jeudi, août 07, 2008

Non-soi


無我 muga - non-soi
.
Les mystiques m'énervent. Pas les vrais bouddhistes, qui eux savent ce qu'ils font. Les zen occidentaux. Il y a une race d'allumés de l'exotisme spirituel qui prend en otage le bouddhisme et le zen en particulier pour en faire une copie conforme de leur délire cathomoral. C'est de l'escroquerie. Il faut être d'une mauvaise foi sans fin pour faire de la méditation une prière, de l'illumination une allucination soubirienne et du zen une religion du salut.
.
Il n'y a pas d'âme. On ne peut pas être plus claire, il me semble. La réincarnation n'est pas une préfecture céleste où on fait refaire de vrais faux papiers pour revenir en personne refaire un tour de manège terrestre ! Quand on meurt bouddhistement, on meurt et c'en est fini de l'identité égotique. Basta. En version originale pali, ça donne anatta, muga en japonais.
.
Message à tous les convertis au bouddhisme ex-cathos : il n'y a rien à sauver, vous n'avez pas d'âme et les bonnes actions sont bonnes uniquement par elles-mêmes, parce que le monde s'en porte mieux ainsi. Ah, c'est dûr de devoir ravaler son petit ego minable, hein ?!
.
p.s. Ce billet a été inspiré par une rencontre récente avec un pseudo-zen occidental qui aurait bien besoin d'un valium.

mardi, août 05, 2008

Bambou

take - bambou
.
Pourquoi donne-t-il l'illusion d'une immortelle verdure, ce bambou qui ne survit pas à son unique floraison ? Pourquoi cette herbe s'est-elle faite arbuste en trompe l'oeil ? Plutôt que de l'accuser de mensonge, c'est de mon oeil que je me méfie. Combien de bambous se font passer pour plus forts qu'ils ne sont devant mes yeux chaque jour ?

dimanche, août 03, 2008

Tsukubai de Ryoanji


吾唯知足
ware tada taru wo shiru
wú wéi zhī zú
Au temple de Ryoanji, à Kyoto, le célèbre jardin sec attire les touristes du monde entier, japonais compris. Mais à l'arrière du petit bâtiment de bois, le jardin humide garde en son sein l'autre célébrité du lieu : un petit tsukubai de pierre gravé de ces quatre caractères et dont le radical central, en forme de carré et commun à ces caractères, est creusé pour contenir l'eau des ablutions rituelles.
Les traductions sont multiples, elles commentent toutes à leur façon le bouddhisme zen. Ce que j'y vois, personnellement, c'est un lien intime essentiel entre la soif de connaissance de chacun et la futilité de se perdre dans une idolâtrie du savoir intellectuel. La spiritualité telle que la comprend le zen est de l'ordre de l'intuition, elle se suffit à elle-même. Je n'y vois pas de rejet des livres et de la culture, plutôt un bon ordre où les livres sont à leur place, et les zabuton à la leur.